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4e révolution industrielle : et si les économies émergentes se désindustrialisaient trop rapidement ?

Image parPrettysleepy2 de Pixabay

Au fur et à mesure que les pays développés d’aujourd’hui se sont enrichis, ils ont connu un processus de ” transformation structurelle “. Ils ont d’abord traversé une période d’industrialisation à mesure que le centre de gravité économique passait de l’agriculture à la fabrication, puis une période de désindustrialisation, faisant passer le poids de la fabrication sur les services.

Une façon d’étudier le processus de ” transformation structurelle ” d’un pays à l’autre consiste à suivre l’évolution de l’emploi dans les différents secteurs de l’économie : il existe une relation en forme de bosse entre l’industrialisation (mesurée par les parts d’emploi) et les revenus. Dans les pays à faible revenu et à revenu élevé, la part du travail dans les secteurs industriels est faible. Lorsque le PIB par habitant est faible, la croissance économique tend à s’accompagner d’une augmentation de la part de l’emploi dans l’industrie ; ensuite, à un point intermédiaire du revenu national, le secteur industriel atteint un sommet ; après ce point, la relation s’inverse et la croissance économique s’accompagne d’une baisse de la part d’emploi dans le secteur industriel. Bien entendu, ce large modèle en forme de U inversé n’est pas partagé par tous les pays. Et même parmi les pays qui correspondent à cette tendance, il existe des variations intéressantes.

Si le poids du secteur industriel dans l’économie change, cela a évidemment un effet miroir sur d’autres secteurs, à savoir l’agriculture et les services. Dans tous les pays disposant de données disponibles, la croissance économique a entraîné un déplacement des travailleurs de l’agriculture vers les services. Des tendances similaires peuvent être observées si l’on compare la part de la production agricole et celle des services au PIB par habitant. Dans l’ensemble, la ” transformation structurelle ” est un phénomène généralisé. Les pays ont tendance à passer d’abord par une période d’industrialisation, où l’activité économique passe de l’agriculture à l’industrie, puis par une période de désindustrialisation, où l’on passe de l’industrie aux services.

Malgré les grandes tendances généralement observées jusqu’à présent, tous les pays ne passent pas par les différentes étapes de la transformation structurelle au même niveau de développement économique. De nombreuses économies émergentes, notamment en Afrique, ont connu un processus de ” désindustrialisation prématurée “. Elles ont connu une transition beaucoup plus rapide dans le secteur des services. Bien sûr, la ” désindustrialisation prématurée ” ne se produit pas partout et, dans une large mesure, la tendance générale que nous observons d’un pays à l’autre est le résultat d’une concentration croissante de la fabrication mondiale dans des pays comme la Chine. Mais le fait demeure : l’industrie semble avoir joué un rôle plus important dans les expériences de croissance des pays riches d’aujourd’hui que dans la plupart des pays pauvres d’aujourd’hui.

Les progrès technologiques des dernières décennies ont contribué à réduire la compétitivité des pays à faible revenu qui comptent une plus faible proportion de travailleurs qualifiés. Dans le passé, de nombreux pays sont entrés dans le secteur manufacturier en s’engageant d’abord dans des activités plus simples et à forte demande en main-d’œuvre, puis en gravissant progressivement les échelons industriels. Au cours des dernières décennies, cette stratégie est devenue moins réalisable en raison des besoins accrus en compétences dans le secteur industriel. Aujourd’hui, il n’est plus possible pour les agriculteurs d’effectuer une transition vers le travail ouvrier avec peu d’investissement en formation. Les forces de l’avantage comparatif exacerbent les difficultés auxquelles sont confrontés les pays à faible revenu qui tentent d’entrer dans un secteur manufacturier mondial hautement concurrentiel. Le fait de ne pas développer un secteur secondaire important pourrait avoir d’importantes implications.

Premièrement, il y a des conséquences redistributives : les industries manufacturières simples ont tendance à être à forte intensité en terme de main-d’œuvre, de sorte qu’elles fournissent des emplois aux travailleurs ruraux avec une relative facilité. Deuxièmement, il pourrait y avoir des conséquences sur l’efficacité : le fait de passer à côté du ” train de mesures de fabrication ” a pour effet de réduire les perspectives de croissance, les industries manufacturières étant particulièrement favorables à la croissance de la productivité. En plus de ces facteurs, il pourrait y avoir d’autres conséquences à garder à l’esprit, telles que celles liées au développement des institutions. L’industrialisation a été cruciale pour le développement du mouvement ouvrier, ce qui a conduit à des demandes d’expansion des droits de vote et finalement à la création de l’État providence. La littérature de l’économie politique suggère que la négociation entre les élites et le travail organisé a joué un rôle crucial dans le développement de la démocratie

La suite ici (Esteban Ortiz-Ospina, Nicolas Lippolis)

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Loïc Bardon
A propos Loïc Bardon

Co-fondateur de Paris Singularity, think&do tank virtuel d'empowerment citoyen Prospectiviste passionné par la 4e révolution "industrielle"/singularité impulsée par les technologies NBIC(Nano/Bio/Info/Cogno)

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