Laboratoire d'idées Deeptech for good : innovation et prospective

Ce que les années 1930 peuvent nous apprendre sur la façon de traiter les GAFA

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Image par Laurent Verdier de Pixabay

L. Bardon . - Les GAFA contrôlent la plupart des systèmes technologiques responsables de la diffusion de l’information et des échanges interpersonnels. Certains commentateurs dénoncent la domination de ces entreprises en termes de “puissance liée au volume de données”, mais leur influence pourrait également être caractérisée en termes de “puissance de calcul”, de “puissance d’analyse”, voir même de “puissance épistémologique”; soit la capacité à valider une affirmation ou un système de connaissances.

Dans les moments de crise, lorsque les nouvelles technologies semblent offrir des réponses rapides, il peut sembler difficile de trouver une réponse à la puissance croissante des grandes entreprises technologiques.

Les GAFA peuvent collecter des données sur le comportement des gens de façon inédite. Les applications de covoiturage ont débuté en partie en contournant les réglementations que leurs concurrents taxis devaient suivre. Les plateformes de gig-économie revendiquent régulièrement le droit d’ignorer les protections du travail durement gagnées au motif qu’elles proposent du travail à temps partiel en freelance, même si dans de nombreux cas, ce travail implique le type de contrôle sur les travailleurs qui équivaut à un emploi standard.

Il y a longtemps que certains milieux présument que les anciennes règles ne s’appliquent pas aux nouvelles technologies. En effet, bon nombre des principales lois antitrust américaines ont été créées lors de crises qui ne sont pas si différentes de celle à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui – à l’époque des magnats superpuissants et des bouleversements économiques généralisés.

Ces lois, élaborées pour les chemins de fer et Standard Oil, donnent aux autorités de régulation le pouvoir, entre autres, de démanteler toute entreprise abusant de sa position dominante sur le marché. Les régulateurs n’ont pas exercé ces pouvoirs récemment contre les grandes entreprises technologiques parce que, pendant des décennies, ils se sont focalisés sur les prix proposés aux consommateurs pour déterminer si un marché faisait l’objet d’un monopole, – une mesure qui ne fonctionne pas pour les services, comme Facebook et Google, qui sont gratuits.

Mais les règlements ne suffisent pas à eux seuls. La politique doit permettre plus qu’elle n’empêche. Dans les années 1920 et 1930, les législateurs américains ont mis ce principe en pratique. Après le krach boursier de 1929, il fut clair que les banques n’avaient pas de comptes à rendre à leurs clients. En plus des nouvelles réglementations qui contraignirent les banques, la loi fédérale de 1934 sur les coopératives de crédit a transformé quelques expériences locales de financement communautaire en un système assuré par le gouvernement. Les coopératives de crédit appartenant à leurs membres et gérées par eux ont proliféré. Elles ont obligé les banques à respecter des normes plus strictes et ont amené les services financiers là où il n’y en avait pas.

Les utilisateurs d’Internet doivent avoir la capacité de former des alternatives coopératives aux plateformes et infrastructures dominantes.

Une bonne politique technologique exige de reconnaître que la technologie n’est qu’une autre façon d’exercer un pouvoir.

La suite ici (Nathan Schneider)

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Loïc Bardon
A propos Loïc Bardon

Co-fondateur de Paris Singularity, think&do tank virtuel d'empowerment citoyen Prospectiviste passionné par la 4e révolution "industrielle"/singularité impulsée par les technologies NBIC(Nano/Bio/Info/Cogno)

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