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Les sciences cognitives pourraient booster notre sens moral

Adam and Eve, 1538, by Lucas Cranach Elder (1472-1553), oil on panel

Parfois, l’humain est capable de choses terribles qui semblent incompréhensibles, inhumaines à la majorité. D’autres fois, nous faisons des choses regrettables, parce que nous ne sommes pas assez forts pour être aussi bons que ce que nous souhaiterions. Les dernières avancées technologiques dans le domaine des sciences cognitives pourraient changer cela. Imaginez, dans le futur pouvoir « réparer » ceux au sens moral brisé, voir augmenter notre propre sens moral. D’après les dernières recherches en neuroscience sociale, notre capital « vertu » quasiment pré-déterminé dès la naissance. Des qualités telles que la maîtrise de soi, l’empathie, la réflexion profonde et l’équité seraient énormément liées à nos patrimoines génétique et neurologique.

Aujourd’hui, les médicaments utilisés pour traiter le déficit d’attention lié à l’hyperactivité, par exemple, améliorent artificiellement notre « morale ». Dans les prochaines décennies, des médicaments, des devices et des thérapies géniques pourraient nous permettre de maîtriser nos instincts primaires, avec un niveau de contrôle seulement accessible à des ascètes, et d’atteindre des états de conscience uniquement accessibles aux yogis. Un débat va/est en train d’émerger : liberté vs moralité.

Ce nouveau débat voit s’affronter trois points de vue : mettre l’accent sur le renforcement de sentiments moraux tels que l’empathie ; booster notre raisonnement moral ; et ne rien faire. Alors que les deux premiers groupes partagent le même objectif d’augmentation morale – et diffèrent sur la meilleure méthode – les sceptiques rejettent l’idée même. Selon eux, les thérapies d’augmentation morale sont survendues. C’est d’ailleurs ce que démontre les recherches menées jusqu’ici. Devrions-nous privilégier de rendre les humains plus intelligents plutôt que plus gentils ? Savoir distinguer le bien du mal n’est-il pas plus important ? D’un autre côté, comme les anciens le suggèrent depuis longtemps, comprendre et pouvoir agir avec bienveillance n’est pas suffisant pour faire de vous une personne morale, vous devez aussi vouloir faire le bien.

Si les nouvelles technologies d’augmentation morale sont expérimentées, elles le seront au final probablement non pas sur des volontaires, mais d’abord sur des psychopathes et des criminels. Cela vous choque ? Pourtant, de nombreux gouvernements en traitent déjà chimiquement. Les délinquants sexuels, par exemple, reçoivent un traitement chimique de suppression de la testostérone. Si les nouvelles technologies permettent de développer des traitements pour la psychopathie et contre l’impulsivité violente par exemple, ne devraient-elles pas être considérées comme la promesse d’une réhabilitation réelle ?

A contrario les sciences cognitives posent d’immenses questions éthiques. Quid de la liberté cognitive ? Nous dirigeons nous vers une uniformisation du cognitif ?

La suite ici 

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Loïc Bardon
A propos Loïc Bardon

Futurologue passionné par les NBIC, la singularité et le transhumanisme - Co-fondateur du think&do tank virtuel Paris Singularity - Membre actif de l'institut de recherche technologique virtuel envisioning.io

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