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La santé de demain reposera sur les données, plus les médicaments

 

Toutes les 10 secondes, 17 autres personnes meurent. 151 600. C’est le nombre de personnes qui meurent chaque jour dans le monde. Certains meurent de vieillesse, d’autres de maladies infectieuses, d’accidents de voiture, du cancer, lors d’un accouchement, de crises cardiaques, par arme à feu, etc…

Et si notre système de santé était capable de guérir les maladies, de réparer les personnes suite un accident, de trouver des solutions aux problèmes de santé mentale et même aux comportements déviants ? Et si nous trouvions même l’antidote contre le vieillissement humain? Est-ce l’objectif de notre système de santé ? Et pourquoi pas?

Plutôt que les médecins nous prescrivent 200 ou 400 milligrammes d’un médicament, parce que ce sont les seules doses actuellement commercialisées par les compagnies pharmaceutiques, nous utiliserons un dispositif d’autodiagnostic qui déterminera la dose exacte dont nous avons besoin, précisément 327 milligrammes, et la synthétisera. 

Dans un avenir plus si lointain, lorsqu’un patient entrera dans le cabinet d’un médecin, son corps sera d’abord intégralement analysé, puis modélisé à partir de plusieurs milliers de points de données. Toute zone dont l’activité semblera suspecte fera l’objet d’une analyse approfondie via des devices spécifiques prescrits par les médecins. Ces derniers disposeront d’un large éventail de fonctions : caméras ingérables, moniteurs, super-collecteurs portables de données, amplificateurs fonctionnels du corps, correcteurs d’impulsions, indicateurs d’alerte précoce… Pendant une phase de transition plus ou moins longue, les traitements combineront des médicaments et des devices. Mais la plupart des traitements médicinaux seront finalement remplacés par des dispositifs conçus pour « aider » le corps à se réparer. Au fil du temps, le métier de médecin va se transformer. Le médecin ne sera plus expert en biologie humaine mais expert en bioinformatique et en dispositifs biologiques. Et les technologies type CRISPR dans tout ça ?

Elles s’intègront à une série d’outils de lecture et d’édition de l’ADN utilisés pour traiter un large éventail de problèmes de santé. En quoi CRISPR change la donne ? Cette nouvelle technologie permet aux scientifiques d’ajouter ou de supprimer de nouvelles séquences de gènes de notre ADN plus rapidement, plus facilement, plus précisément et pour beaucoup moins cher que les technologies d’avant. Le coût du séquençage de l’ADN a ainsi plongé de plus de 1000% au cours des 15 dernières années. Nous sommes sur le point de modifier la source des données régissant toutes nos fonctions corporelles. Notre corps contient un écosystème multifacettes de plus de 1000 types distincts de bactéries. Ces bactéries incluent les virus, les champignons et autres microorganismes. Au total, cela représente plus de trois millions de gènes. A côté le génome humain et ses 23 000 gènes semblent plutôt minuscules. Des études montrent maintenant le lien entre notre écosystème bactérien, ou microbiome, et notre santé globale. Les anomalies de notre microbiome ont été reliées à des problèmes de digestion, d’asthme, d’arthrite, d’obésité, d’allergies alimentaires, voire des troubles neurologiques comme la dépression et l’autisme. Les chercheurs constatent maintenant que l’utilisation excessive d’antibiotiques, en particulier pour les enfants, peut endommager pour toujours un microbiome sain et fonctionnel en détruisant les bactéries intestinales saines, contribuant à l’émergence de toutes ces maladies. Actuellement CRISPR est encore limiteé par la puissance de calcul nécessaire pour séquencer, analyser et éditer les gènes. C’est pourquoi les ordinateurs quantiques pourraient s’avérer clé. Ces derniers sont en effet capables d’exécuter en quelques secondes tous les calculs génétiques complexes qui nécessiteraient des années de traitement des données aux superordinateurs d’aujourd’hui.

À l’avenir, nous ne nous contenterons plus d’être en bonne santé. Nous allons exiger d’être plus forts physiquement, plus alertes, super résistants, plus jeunes, plus intelligents, et bien plus encore. De la même façon que nous utilisons aujourd’hui le café et les boissons énergisantes pour doper notre attention, le marché des gadgets de demain comprendra un large éventail d’outils pour «composer» un certain type d’augmentation de la performance.

Ceci étant, les médecins sont sur le point de pénétrer un territoire inconnu au sein duquel des montagnes de données remplaceront le processus de diagnostic actuel. Tous ne survivront pas à cette transition. Les modèles de données remplaceront les rayons X. Les capteurs remplaceront les laboratoires. Les devices remplaceront les aiguilles, les prélèvements sanguins et les pilules. Et les gens vont bientôt prendre le contrôle de leurs propres données. Peut-être que les écoles de médecines et universités qui enseignent aujourd’hui la médecine traditionnelle vont-elles se transformer pour enseigner la bioinformatique, la donnée chimique, la cartographie génomique et la manipulation cellulaire ? Mais en fin de compte, pour tous ceux qui veulent continuer à apprendre et contribuer à la progression des soins de santé, les médecins disposeront de possibilités illimitées dans les années à venir.

source (Thomas Frey)

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Loïc Bardon
A propos Loïc Bardon

Futurologue passionné par les NBIC, la singularité et le transhumanisme - Co-fondateur du think&do tank virtuel Paris Singularity - Membre actif de l'institut de recherche technologique virtuel envisioning.io

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